C’est le défilé des petites boîtes à croquer en ce moment. Et si celle-ci attire par ses illustrations absolument charmantes et originales, qu’en est-il du gameplay ? Réussira t-il à nous faire voyager autant que sa couverture ? C’est ce que nous allons découvrir aujourd’hui en épluchant Paper World.
Laissez parler les p’tits papiers
Ce titre, je l’ai déjà évoqué, souvenez-vous : la boîte m’avait tapée dans l’oeil au festival de Vichy, exposée seule sur une table alors qu’elle n’était censée être présentée qu’en off. Avec mon groupe, nous avions pris la décision d’en lire nous-même les règles pour partir à sa découverte en totale autonomie et au final, passer un bon moment malgré cette prise d’initiative ô combien risquée (oui j’en rajoute un peu … Ils sont pas si dangereux les bûcherons de chez Lumberjacks quand même !).
Les jeux de cet éditeur ont à chaque fois un charme fou qui capte toute notre attention : Trek 12, Solstis, Fil rouge, chat de poche … Ici, le travail d’Olivier Derouetteau est en plus déroutant (ah ah !) car peu habituel (et c’est une fois de plus parfaitement mis en lumière par la photographe #danslaboîtestudio): cet effet collage est du plus bel effet et nous invite au voyage instantanément. Mais alors que nous réserve justement cette aventure que vous pouvez tester sur BGA en attendant sa sortie prévue le 21 mars prochain ?
Un jeu d’empilement
Dans Paper World, le but est de marquer un maximum de points (les étoiles) en répondant à des objectifs de placement.
Au centre de la table, cinq pioches disponibles face visible et trois Objectifs révélés. A votre tour vous pouvez prendre des cartes ou les jouer.
- Si vous choisissez l’option « prendre des cartes », vous devez récupérer en main toutes celles visibles de la même couleur ou de la même valeur (sans dépasser un maximum de neuf)
- Si vous choisissez l’option « jouer des cartes », vous pouvez alors poser sur une ou plusieurs piles des cartes de même valeur ou même couleur également (rien ne vous oblige à toutes les jouer en revanche)
Ok, vous avez la base mais ce n’est pas tout. Comme dans tout bon jeu de placement qui se respecte, il y a tout de même quelques contraintes qui viennent complexifier tout ça.
Tout d’abord, votre espace est délimité : vous ne pouvez pas dépasser un carré de 3×3. Ensuite, comme dans Château Combo (par exemple), tout nouvel ajout doit être adjacent à une pile déjà en cours. Et enfin, la règle la plus importante : il ne faut pas donner à manger aux Gremlins après minuit vous devez absolument superposer des cartes de même couleur et de valeurs croissantes qui se suivent !
Concernant ce dernier point, il est tout de même possible de le contourner une fois par tour pour sauter un numéro et ainsi passer du 2 au 4 par exemple : pour cela, vous devrez vous défausser d’une autre carte en sachant qu’elle vous fera perdre de précieux points en fin de partie. Heureusement, il existe un jeton Ciseaux pour bénéficier de cet effet sans se défausser, encore faut-il l’avoir récupéré avant … Par ailleurs, ce même petit bonus pourrait bien vous désavantager par la suite si personne ne vient le récupérer car toute pile reste bloquée tant que les Ciseaux sont dessus !
En plus de superposer les couches de Cartes dans votre tableau personnel, il faut aussi veiller aux Objectifs communs : à chaque fin de tour, si vous respectez les conditions de l’une d’elles, récupérez le jeton score le plus élevé (comme dans Jaïpur !). Et des Objectifs, il y en a de toutes les sortes : former un L, avoir une diagonale de même couleur, avoir plusieurs fois la même valeur de visible etc.
De quoi se triturer un peu les méninges mais en douceur toutefois parce que Paper World se veut familial : jouable dès 8 ans et pour des parties rapides (20 minutes).
J’en remets une couche
Alors oui, ne vous attendez pas à voyager avec Paper World et vivre des sensations incroyables ! N’espérez pas non plus un vent de nouveauté qui défrise le caniche … Cependant, les jeux doivent-ils absolument être innovants à chaque sortie ? Je ne le pense pas …
Personnellement, j’ai aimé le découvrir et j’ai hâte d’y retourner justement pour son principe accessible, son matériel agréable et sa proposition sans surcouche ! J’apprécie l’aspect casse-tête qui pousse à essayer de tout combiner et le fait de jouer sur la hauteur aussi pour une fois ‘en plus ça colle au thème !).
Il me fait penser à un The Game, un 50 Missions ou un Almadi aussi car il possède toutes les qualités qui ont fait de ces jeux des exemples dans leurs catégories et des boîtes qui s’installent dans les ludothèques pour ne plus les quitter !
Les auteurs, Alexandre Aguilar et Benoît Turpin ont , selon moi, eu la bonne idée d’adapter ce type de jeu à un public plus familial, c’est à dire aussi bien pour les jeunes, les moins jeunes et ceux du milieu … bref : tout le monde quoi ! C’est le genre de bonbon que j’aime sortir à tout moment, qui ne prend pas de place, dont on se souvient vite des quelques règles mais qui offre un plaisir visuel sans conteste et une réflexion assez délicieuse au final ! Je crois que c’est surtout ça un bon jeu ! Celui qu’on a envie d’enchaîner pendant un temps et qui nous procure une impression de trésor retrouvé quand on le ressort après quelques années. Alors, ne nous privons pas de ce petit plaisir.
Et … coupez !