Fini de critiquer la tronche des feux d’artifice du 14 juillet de votre ville qui a peut-être dépensé tout le budget dans le chauffage de l’école, la création d’un poste d’assistante sociale, et la réfection des routes (quelle honte !)! A vous de nous montrer si c’est si facile de faire quelque chose d’harmonieux qui répond aux attentes du public !
Fais péter !
Niveau matos, on a une jolie qualité que ce soit les plateaux personnels qui sont de simples feuillets mais rigides et, au moins, ne gondolent pas ! Ou les autres éléments, c’est pareil ! Un peu moins classes que des jetons de poker c’est sûr mais aussi sûrement moins chers et tout aussi agréables à manipuler.
Le tout est parfaitement lisible et hyper efficace en matière de rappel des règles élémentaires.
Niveau illustrations, j’ai lu tout et son contraire sur le travail ici de Melody Leblond. Pour ma part, j’apprécie clairement ces couleurs qui pètent sur fond noir, je ne vois pas comment on pouvait coller plus à la thématique ?! D’autant que ça facilite la vue d’ensemble qui aurait pu se retrouver surchargée si elle avait voulu trop en faire. Ici c’est sobre et efficace et c’est ce qu’il fallait !
Que la fête commence !
Dans Festival, les tours de jeu sont simples : une seule action possible parmi deux. Soit vous prenez la tuile du haut d’une pile (à votre droite ou votre gauche uniquement !) pour la disposer où vous voulez dans votre ville, soit vous piocher un des cinq objectifs visibles. Votre but : agencez les bonnes couleurs et formes sur votre plateau pour répondre aux contraintes imposées.
Les tuiles présentent toutes un motif et une couleur et vous pouvez les placer à votre guise ! Pas d’histoire d’adjacence etc. Vous pouvez même les superposer à l’infini (et au delà !).
A tout moment, en plus de votre action, il est possible de valider un des objectifs récupérés auparavant. Si en plus vous respectez les attentes du publics (ville recouverte, avoir une pile de telle hauteur etc), vous gagnez des points supplémentaires que personne ne pourra plus revendiquer !
C’est assez simple dans sa mécanique puisque peu de choix au final et tout aussi peu de possibilités. Enfin quelques-unes quand même puisqu’on sera tenté de répondre aux contraintes de nos cartes mais aussi de notre plateau personnel. En effet, chacun d’eux affiche une condition de scoring final supplémentaire : un motif et une couleur vous feront gagner des points bonus s’ils sont visibles à la toute fin (au niveau 1 = 1 point, niveau 2 = 2 points, niv… bon t’as compris j’espère !).
On fire ?
J’adore les jeux de tuiles ! Harmonies, Looot, Lost Seas, Almadi, Art society et bien d’autres… Ca m’attire toujours quand j’entends parler de placer, agencer, optimiser, classer, viser des objectifs ! Et celui-ci n’a pas fait exception quand je l’ai découvert aux sabliers d’or sur la chaîne d’Un monde de jeu.
Seulement voilà, pas sûr qu’il s’adresse vraiment à moi… Il est intéressant, rapide et malin mais beaucoup trop aléatoire pour satisfaire des joueurs qui recherchent du challenge ! Je l’ai en effet partagé avec des amis passionnés eux-aussi et qui aiment également ce type de proposition, on est tous d’accord pour dire que Festival est élégant et agréable à jouer en mode tranquilou mais on a été pas mal frustrés par le manque de dilemmes et l’impossibilité de contrôler quoi que ce soit.
Maintenant, ce jeu est-t-il fait pour cela ? A t-il pour vocation de mettre nos cerveaux en ébullition ? Je ne pense pas. En revanche, j’imagine très bien le proposer à des joueurs occasionnels comme j’en connais plein, qui apprécient les « jeux détente » où on n’a pas 36 trucs à calculer. En général, la part de hasard est largement validée avec ces groupes car ils ne recherchent pas la performance mais se contentent du plaisir de faire sa petite construction en voyant si ça paye à un moment !
Après il faut quand même réfléchir un peu et optimiser ses placements mais disons que si les tuiles attendues ne sortent jamais, on peut subir sa partie. Le temps que le tour nous revienne, tout peut avoir changé sans avoir de solution de repli… Il faut aimer composer avec ce hasard et accepter de perdre parce que l’Autre a eu plus de chance que nous au tirage.
Autre configuration dans laquelle ça marcherait sans doute bien : avec des plus jeunes. En effet, le jeu est accessible dès 8 ans et ça me paraît être une bonne cible. Ici, les enfants auront la satisfaction de sentir des connexions se faire dans leurs petits cerveaux tout neufs (et pas encore trop cramés par la télé normalement), le destin pourra parfois jouer en leur faveur ce qui, généralement, déclenche une grande bouffée de fierté et de satisfaction à cet âge là (alors que nous, « joueurs », détestons piocher un objectif déjà validé par exemple, on aime mériter ce qu’on gagne, on n’est pas des profiteurs ! #Takenoko).
C’est le bouquet !
Festival m’a un peu déçue dans le sens où j’aurais voulu qu’il soit fait pour moi or je n’ai pas plus envie d’y revenir que ça par manque de stimulation intellectuelle (ouah l’autre hé !). Ce n’est pas pour autant un mauvais jeu, il faut juste être conscient du public auquel il se destine. Du coup, je n’ai pas envie de le bouder car j’aime son style, je le trouve apaisant autant à l’oeil qu’au toucher, je sais qu’il possède toutes les qualités pour ne pas effrayer les joueurs occasionnels qui se prêteront de ce fait volontiers à l’exercice.
J’aurais donc plaisir à faire découvrir Festival aux jeunes et aux moins jeunes qui ont peur de se lancer dans des parties plus longues et plus complexes mais apprécient le fait de faire sa popote et voir évoluer son plateau personnel en espérant gagner des points plus vite que les autres !
Une belle création donc avec un esprit feel-good très appréciable qui vise à réunir les « joueurs » et les moins joueurs autour d’une même table pour un feu d’artifice de bonne humeur !