Sur un festival, les impressions peuvent être biaisées par l’ambiance générale, le contexte ou parfois le niveau de fatigue un peu plus élevé. C’est pourquoi, il est important de rejouer en dehors de ce moment suspendu dans le temps.
J’ai consacré un premier article aux dix jeux qui m’ont instantanément convaincue lors du Festival Ludique International de Parthenay et vous propose à présent d’en découvrir dix autres qui mériteraient tous une deuxième partie.
Un p’tit goût de reviens-y
Mirage : ayez l’oeil !
L’équipe de Subverti propose toujours un accueil très chaleureux sur son stand. Quelle chance d’avoir commencé notre marathon du jeu par là !
Parmi les présentations, celle qui a le plus retenu mon attention c’est Mirage qui, par certains aspects peut rappeler un peu Symbiose : construction d’une grille, optimisation des placements, valorisation des scorings … mais en un peu plus complexe toutefois. Ici, toute carte choisie est importante pour trois raisons : son/ses symboles, son effet ou son scoring et enfin sa couleur qui définit la rangée dans laquelle vous pourrez vous servir au prochain tour !
On peut donc préparer ses coups en avance cependant le marché a le temps de changer avant que vous n’ayez de nouveau la main ce qui m’a valu quelques frustrations. Malgré tout, j’ai trouvé la réflexion interessante et les visuels plutôt mignons. J’attends donc sa sortie prévue en novembre 2026 pour m’y frotter à nouveau.
Minikin city : jeu de plis chez Polly pocket
Jeu de plis c’est vite dit et me concernant, c’est tant mieux ! Dans Minikin city, les plis servent simplement à déterminer l’ordre dans lequel les joueurs se gavent en bonus puis jouent : en gros, le plus fort gagne de belles faveurs mais choisit en dernier parmi les cartes convoitées. Celles-ci rejoignent tour à tour les collections personnelles mais ne rapportent des points qu’à condition d’y avoir confortablement installées de jolies petites créatures.
L’univers est attendrissant et le principe vraiment cool mais il faut s’entraîner un peu pour tenir compte de tous les éléments et du fait que les cartes ont plusieurs utilités possibles. Néanmoins, les sensations m’ont vraiment plu alors vivement sa sortie en septembre 2026 chez Gigamic que je puisse retenter l’expérience !
Manoir bizarre : une maison de fous !
Direction Bombyx à présent pour découvrir ce jeu qui semble avoir fait l’unanimité cet été ! Après Warden Keene qui nous plongeait déjà dans un univers glauque, nous voici cette fois chargé d’agencer une drôle d’auberge pour satisfaire les exigences d’un capricieux architecte ainsi que d’étranges clients.
L’idée de base n’a rien de fou : accoler des cartes entre elles pour former un bâtiment aux pièces communicantes. Mais l’esprit barré, au delà des drôles d’illustrations, se révèle au fil des manches avec de nouvelles conditions qui apparaissent et rendent le casse-tête totalement infernal ! J’ai beaucoup apprécié le fait de pouvoir prendre connaissance de ce qui allait me tomber sur le coin du nez ainsi que l’idée de voir le jeu évoluer grâce à ses nombreux scénarios proposés. Je ne cracherais donc pas sur une nouvelle nuit dans ce manoir de la mort …
4 keys : Sors t’as plus le temps !!!
Si je veux être tout à fait honnête : la nouvelle boîte à venir chez Grrr games ne me vendait pas du rêve … Mais à la vue du matériel, ma curiosité a grimpé en flèche ! Quant à la présentation, elle a fini de me séduire.
Dans 4 keys, les joueurs construisent chacun leur propre donjon (une grille de 4×4 cartes). Pour ce faire, ils placent tour à tour leur personnage sur le support central où sont disposées Clefs et Portes. L’emplacement d’atterrissage définit l’ordre du tour suivant mais il est toujours possible de dépenser un point de victoire pour repousser un adversaire et ainsi accéder au lieu qu’il occupait.
Le reste est assez ordinaire : on agence le tout en respectant les adjacences mais surtout en tentant de faire correspondre les bonnes clefs avec les bonnes serrures. C’est la condition pour pouvoir déclencher les scorings et récupérer au passage le pactole (ou les monstres !). J’ai trouvé la partie hyper plaisante notamment grâce au style assumé de l’illustrateur qui nous permet d’être immergé dans l’ambiance crado du jeu et pour l’interaction qu’apporte la bataille des meilleures places.
Une bien bonne impression
Vroom : t’es content d’arriver dernier !
Alors lui il a un look d’enfer, on ne peut pas dire qu’il ne fait pas envie avec ses couleurs peps et ses petites voitures rigolotes ! Je trépignais d’impatience de l’essayer et j’ai beaucoup aimé mes parties.
Dans Vroom, édité chez Big moustache games, qu’Audrey vous présentait ici il y a peu, les joueurs ont pour mission de réaliser une course de voitures truquée ! Oui oui : le résultat est prédéfini par les cartes Vitesse réparties entre les joueurs en début de manche, c’est à eux d’estimer la longueur de leurs déplacements pour passer la ligne d’arrivée en respectant l’ordre établi.
On s’observe, on jauge, on ricane, on doute, on râle et puis on se lance ! C’est fun, pensé pour l’apéro et la déconade évidemment ! La boîte contient plusieurs modules et un paquet de surprises visiblement, j’ai juste peur de me lasser avant d’avoir tout vu mais pour le savoir … il faudra y rejouer !
Héros flemmards : on marche sur la tête
Petit passage sur le stand des créateurs où nous avons fait la rencontre d’un jeune auteur, Léo Mougin (cutepirategames sur insta), à la recherche d’un éditeur pour son (ses) petits jeux de cartes.
Dans Héros flemmards, vous incarnez des anti-héros un peu obligés de partir au combat malgré une motivation proche de zéro. Votre but ? Faire en sorte d’obtenir le moins de points possibles. Pour le reste, c’est du Sushi go à l’envers et Léo l’assume. Son envie était de reprendre une mécanique simple à comprendre : le draft et la collection, tout en apportant un côté chafouin et piégeux ! Pour le coup c’est réussi : si le jeu de base est assez classique, les modules qui viennent s’ajouter au fil des manches ajoutent plus d’interactions, de contrôle et de baston ! On a envie de découvrir le reste …
Franchement, avec ce look, vous ne trouvez pas que cette petite boîte aurait toute sa place dans la collection de SWAC chez Grrr games ?!
Koì : mets ta carpe
Difficile d’accéder aux tables chez Ravensburger et quand enfin nous parvenons à nous installer, difficile d’admettre que le jeu n’est pas à la hauteur de nos attentes.
Koì a tout pour me plaire : des illustrations charmantes, un matériel à croquer, des tuiles à assembler, des cartes à récupérer pour bénéficier d’actions supplémentaires, des effets en cascades, des objectifs communs, plusieurs types de scoring … bref, un peu de tout ce que j’aime ! Pourtant, la partie m’a semblé traîner en longueur et l’icono ne pas être des plus limpides …
Malgré tout il y a quelque chose qui me donne vraiment envie d’y revenir. Est-ce parce que la journée tirait sur sa fin et que le comportement d’un joueur impatient nous a un peu chagriné que l’expérience fut un peu gâchée ? Peut-être mais du coup, je ne veux pas rester sur ce sentiment mitigé et souhaite lui redonner sa chance à tout prix !
Fugitive : oublie que tu n’as aucune chance, fonce !
Un étonnant petit jeu de course-poursuite et de déduction asymétrique chez Lucky duck games. Pas franchement ma came au départ, j’ai fini par saisir en cours de route les subtilités qui poussent l’évadé à bluffer à mort sur son nombre de déplacements pour brouiller les pistes et aurait bien aimé échanger les rôles pour découvrir le rôle de l’agent chargé de révéler trois de mes planques ! Espérons qu’un prochain rencard chez les canards m’en donne l’occasion …
Il m’en faut plus pour être heureuse
Athlètes de compète ça pète ?
Devant l’enthousiasme général et malgré ma réticence à participer à un jeu de l’oie aussi boosté soit-il, j’ai naturellement fini par me rendre sur le stand de Iello pour découvrir celui dont tout le monde parle !
Alors oui Athlètes de compète a une gueule, oui le plateau a deux faces avec plus de rebondissements sur la deuz’ et oui les capacités spéciales des pions sont rigolotes mais … non je n’ai pas eu d’éclats de rire à me pisser dessus. Loin de moi l’envie d’être la rabat-joie de service, je reconnais d’ailleurs avoir été amusée par le principe sur les premiers lancers de dés mais j’ai bien peur qu’on en ait vite fait le tour non ?!
Je ne serais pas contre l’idée d’en refaire une avec un groupe dynamique qui mette le feu et ne cafte pas quand quelqu’un oublie d’activer son super pouvoir, alors, peut-être, mon avis changera du tout au tout !
Whirly derby : roule ta bille
En octobre 2026, chez Gigamic, sortira également un autre jeu au look rétro avec un matériel hors du commun : une énorme roulette en plastoc’ dans laquelle vous balancez vos billes en priant pour que celles de votre couleur sortent en priorité ! Tout ça pour quoi ? Avoir le privilège de choisir quelle(s) carte(s) vous ajoutez à votre collection.
Avec seulement six billes en main, il faut y aller mollo sur les mises car vous êtes limité sur le nombre de fois où vous pouvez les récupérer. Quant aux cartes convoitées, elles ne vous rapportent des points qu’à condition de remplir leurs contraintes.
Est-ce parce que nous n’étions que trois ? Que la table bancale empêchait le tourbillon d’exercer sur nous l’hypnose attendue ? Que le hasard s’est acharné sur l’une des joueuses ? En tous les cas, on ne s’est franchement pas amusés voire on s’est demandés s’il ne nous manquait pas une ou deux informations cruciales pour réellement savourer l’expérience …
Je ne peux pas croire que les joueurs s’enjaillent pour si peu alors je veux bien admettre que le problème vient sans doute de moi et rejouerais volontiers afin de vérifier si mon impression persiste ou cède face à l’hilarité environnante.
Vous connaissez désormais les dix titres que j’ai préférés ainsi que les dix autres qui mériteraient une nouvelle partie. Sur environ cinquante jeux pratiqués en cinq jours, vous vous doutez bien que nous n’allons pas en rester là … Abonnez-vous au site campustech.fr pour ne rien manquer des festivités !