Tea Garden sort chez PTS cette semaine, et il fait partie de ces jeux qui attirent d’abord par leur cover. Une boîte pastel, des montagnes, des nuages, des plantations de thé… tout semble calme et ça ressemble un peu à Dorf Romantik Sakura. Et pourtant, derrière cette façade très douce, le jeu est un eurogame assez dense. Pas étonnant venant de l’auteur de SETI : Tomáš Holek !
Car à thé
Dans Tea Garden, les joueurs incarnent des producteurs de thé en Chine. Vous devrez développer vos jardins, récolter les meilleures feuilles, les vendre aux caravanes, impressionner l’empereur et marquer un maximum de points en cinq manches. Rien que ça !
Tea Garden repose sur un triptyque : produire du thé, l’améliorer et le vendre au bon moment. Le thé vert perd de la valeur avec le temps, tandis que le thé fermenté en gagne. La force de l’action dépendra des cartes jouées sur son plateau personnel. Plus leur valeur totale est élevée, plus l’action est puissante. Au début, les options sont limitées. On manque de thé, de bonnes cartes et de marge de manœuvre. Puis votre moteur se met en place et les tours deviennent plus riches.

On refait le matcha
L’extension des jardins est l’un des gros enjeux du début de partie. Construire vous fait récupérer des bonus de région, mais aussi d’atteindre des zones plus fertiles, capables de produire du thé de meilleure valeur. Le thé devient ensuite le carburant de toute la partie. Il sert à acheter des cartes, vendre aux caravanes ou payer certaines actions plus fortes. Tea Garden ne multiplie pas les ressources inutilement : il concentre l’essentiel autour de cette gestion du thé.
Tea Garden propose aussi plusieurs actions secondaires : avancer sur la rivière, produire des tasses ou progresser dans les études du thé. Elles semblent secondaires seulement sur le papier. En réalité, elles créent souvent l’écart entre les joueurs. Elles rapportent des bonus, ouvrent des pistes de scoring et permettent d’optimiser des tours qui semblaient moyens. Les tasses, par exemple, peuvent être reliées pour déclencher des effets, avec des points en plus si les couleurs correspondent.

Tasse paix
Tea Garden reste un jeu de poids moyen : un initié comme on dit. Les actions sont simples à comprendre, mais l’économie est tendue, surtout dans les premières manches. Il faut construire son moteur vite, améliorer son deck et éviter de gaspiller ses rares actions.
Le jeu ne brille pas par ses interactions : chacun construit son jeu dans son coin. On se dispute surtout les cartes, les tasses et certaines opportunités, mais chacun optimise avant tout son propre moteur.
Comptez environ 25 minutes par joueur, et sans doute un peu moins avec des joueurs habitués. À deux, le jeu fonctionne bien mais le plateau paraît moins sous pression. À quatre, il garde un rythme intéressant, ce qui est plutôt bon signe pour un eurogame de cette densité.

Artisane
Côté matériel, Tea Garden fait bonne impression. La boîte est très jolie, le plateau coloré aide à lire les régions, les ressources sont claires, et les plateaux joueurs profitent de charmantes illustrations avec des pièces en bois sérigraphiées. L’illustratrice Barbora Srp Žižková, dont c’est le premier jeu, semble très familière avec les ambiances asiatiques.
Tea Garden ne révolutionne pas l’eurogame, mais il assemble très bien ses idées. Sa vraie force vient de sa montée en puissance : on commence avec peu, puis les possibilités s’ouvrent à chaque manche. Rapide, joli et stratégique, c’est clairement un jeu à surveiller pour les furieux d’optimisation.