To me !… or not to me ? est un jeu d’ambiance coopératif dans lequel chaque joueur doit retrouver son propre mot sans jamais le connaître. En revanche, tous les autres mots autour de la table sont visibles. Toute la difficulté consiste donc à comprendre quels indices vous sont réellement destinés… et lesquels concernent les autres joueurs.
Un p’tit résumé des règles
À votre tour, vous avez le choix entre deux actions : écrire un indice sur une carte ou inviter un joueur à deviner son mot. La subtilité du jeu vient des cartes indice, associées à un numéro de chevalet. Seule la personne qui écrit l’indice sait à qui il est destiné. Les autres devront interpréter les mots qu’ils voient, faire des rapprochements et décider si cet indice leur correspond… ou non.
Pendant toute la partie, il est interdit de parler des indices. Vous pouvez discuter de tout ce que vous voulez, sauf donner la moindre information susceptible d’aider directement les autres joueurs. Si tout le monde retrouve son mot avant d’épuiser les totems devine, la partie est gagnée.
Les règles sont vraiment très simples et les parties le sont aussi. On comprend assez vite comment fonctionne le système et le jeu se prend immédiatement en main. J’ai peut-être eu des groupes qui communiquaient naturellement très bien, ce qui a parfois rendu certaines parties un peu trop faciles à mon goût.
Mon avis
Une idée vraiment originale
Des jeux d’association d’idées, il en existe énormément : Just One, So Clover!, Ink It!… Difficile aujourd’hui de proposer un concept qui donne réellement l’impression d’apporter quelque chose de nouveau.
To me !… or not to me ? y parvient avec une idée toute simple, sans pour autant révolutionner le genre. Son concept donne envie de découvrir et apporte une petite bouffée de fraîcheur.
Au début, on se demande comment il est possible de retrouver un mot sans en connaitre les indices. Puis on comprend vite : comme tous les autres mots sont visibles, on procède par élimination, on fait le rapprochement entre les indices des différents mots présents et on essaie de comprendre lesquels nous sont réellement destinés.
Cette petite gymnastique mentale est plutôt agréable. On ne cherche pas uniquement le bon mot : on essaie aussi de savoir quels indices nous appartiennent. C’est cette double lecture qui donne toute sa personnalité au jeu.
Une coopération différente
C’est probablement ce que j’ai préféré.
Lorsqu’un joueur écrit un indice, il aide une personne… mais influence aussi le raisonnement de toute la table. Chaque nouvelle carte fait évoluer les hypothèses des autres joueurs.
On remet en question ce qu’on croyait avoir compris, on élimine certaines possibilités, on crée de nouveaux liens. Cette façon de coopérer est originale et offre de bons moments de réflexion lorsque les mots s’y prêtent.
J’aime beaucoup ces instants où tout le monde à l’air complètement perdu… puis tout d’un coup, tout s’éclaire. Les parties sont suffisamment courtes pour qu’on ait envie de retenter sa chance lorsque le tirage n’était pas idéal.
Un concept qui ne fonctionne pas toujours aussi bien
C’est malheureusement là que le jeu m’a un peu perdue.
L’expérience repose énormément sur les mots tirés et sur les joueurs autour de la table.
Lorsque les mots sont proches les uns des autres, les indices se croisent, le doute s’installe et les déductions sont vraiment intéressantes. En revanche, lorsque les mots sont très éloignés, tout devient beaucoup plus évident, même trop simple. On identifie rapidement à qui s’adressent les indices et une bonne partie de la tension disparaît. Le jeu se transforme alors en un exercice de déduction assez classique, beaucoup moins marquant.
J’ai également trouvé que cette sensation variait selon le nombre de joueurs. À 5 ou 6, le concept marche vraiment bien : plus il y a de mots visibles, plus les associations deviennent nombreuses et plus le doute s’installe. À moins de joueurs, j’ai eu l’impression que le jeu perdait une partie de son intérêt.
C’est finalement ce manque de régularité qui m’empêche d’avoir envie d’y revenir.
Une édition toujours aussi soignée
Comme souvent chez Bankiiiz Éditions, la réalisation est très réussie.
Le format compact est pratique à transporter, le matériel est agréable à manipuler et la mise en place ne prend que quelques secondes.
La direction artistique de Jérôme Soleil reste dans la lignée des autres productions de l’éditeur, tout en conservant sa propre identité. L’ensemble est lisible, coloré et donne envie de s’y intéresser.
Verdict
To me !… or not to me ? repose sur une excellente idée de départ. Son système d’indices flous renouvelle les jeux d’association d’idées et offre de vrais moments de satisfaction lorsque toutes les déductions sont cohérentes.
En revanche, je trouve que cette promesse n’est pas toujours tenue. Selon les mots tirés ou les joueurs autour de la table, certaines parties deviennent beaucoup trop évidentes et perdent ce qui faisait tout le sel du concept. Résultat : je n’ai pas eu cette envie d’y revenir, contrairement à d’autres références du genre comme Just One, So Clover! ou même Ink It!, qui me donnent davantage envie d’enchaîner les parties.
Pour autant, je ne dirais pas que c’est un mauvais jeu, bien au contraire. Les règles sont accessibles, les parties sont rapides et son concept intrigue. Personnellement, je ne pense pas le ressortir aussi souvent que mes chouchous du genre. En revanche, si je devais faire découvrir un jeux d’association d’idées à des novices, je pourrais tout à fait le proposer. Je pense même qu’il remplit très bien ce rôle.

