Exprimez-vous le plus clairement possible avec les lettres imposées pour vous faire comprendre des autres : Koowah? un nouveau jeu d’ambiance coopératif basé sur la créativité !
Gogo Gadjet au doigt !
Je vais être claire tout de suite : je veux ce jeu juste pour cet outil totalement inutile et donc indispensable ! Oui mesdames et messieurs, dans Koowah? le prochain jeu à paraître chez Twist games, une toute jeune maison d’édition, il y a une baguette télescopique pour désigner les réponses.
Inutile ? Pas tant que ça en fait. Dans les jeux d’ambiance coopératifs tels que celui-ci, on précise souvent qu’un des joueurs en réflexion a le dernier mot en cas de désaccord. Eh bien, cette baguette permet de la repérer visuellement et donc de ne plus se poser la question. Par ailleurs, pour une fois, et c’est là que l’idée est brillante je trouve, pas la peine de faire appel à l’ergothérapeute du coin pour inviter tout le monde à participer.
Ici, chacun est logé à la même enseigne y-compris celui ou celle qui, pour une raison ou une autre, ne peut pas se mobiliser ! Inclusion à donf, plus d’excuse pour ne avoir son mot à dire. Il aurait suffit de désigner ou passer les cartes à la personne en question me direz-vous ? Peut-être mais le plaisir et l’autonomie en aurait été amoindris pas vrai ?
Kamoulox !
Dans Koowah? les joueurs tentent, tour à tour, de faire deviner une image parmi plusieurs présentes au centre de la table. Pour cela, chacun dispose de six lettres : 3 consonnes et 3 voyelles avec lesquelles ils doivent redoubler d’inventivité pour créer des mots lisibles et suffisamment suggestifs.
Une idée surprenante de Quentin Lammerant et Thierry Saeys qui n’est pas sans rappeler des propositions complètement décalées comme Dadada, Whaaat ?, Bonne presse ou encore Krazy Wordz hélas plus édité aujourd’hui. Si chacun a son propre style et défend ses intérêts, je dirais que Koowah? a le gros avantage de posséder un visuel attrayant grâce à la touche de l’illustrateur Kader Ali-Hadef. De plus, la présence de ce petit Ornithorynque rassure et rappelle discrètement combien la langue française est complexe à maîtriser.
L’idée est bien ici de contourner la difficulté pour ne proposer que des termes courts, explicites et drôles si possible ! On oublie ses complexes, sa peur de ne pas savoir, on se lâche un peu et on profite d’avoir enfin l’opportunité d’être à tour de rôle celui-qui-sait, celui-qui-dicte, celui-qui-déduit, celui-qui-créé sans plus qu’aucun poids ne pèse sur nos frêles épaules d’ignorant et de bon à rien comme on a pu l’entendre en cas de lacunes scolaires …
L’un des deux auteurs, Quentin Lammerant, présentant lui-même un trouble dys, est bien la preuve que le chemin qui mène à l’apprentissage et l’accomplissement personnel comme professionnel n’est pas infranchissable malgré le handicap. Son expérience et son jeu sont une belle manière de montrer que l’on peut toujours développer d’autres compétences et même finalement trouver des astuces pour contourner la difficulté et communiquer, par exemple, avec un langage universel : l’intention, la volonté, l’ouverture d’esprit et l’humour sont parfois des armes redoutables face à l’étroitesse d’esprit.
Merciki ?
Si vous aimez partager des expériences à la fois amusantes et interessantes avec vos proches, faites-une croix sur le calendrier car Koowah? déboule en juin (distribué par Gigamic) et promet des moments de délires et de cohésion absolument renversants ! Par ailleurs, le support me paraît être également excellent à proposer si vous bossez dans l’animation, l’éducation, le médico-social…
Moi-même, professionnelle dans le secteur de la psychiatrie, j’ai tendance à utiliser les jeux pour diverses raisons dont le rapport aux autres, le respect du cadre, l’ancrage dans la réalité … Mais je dois reconnaître que, finalement, ce qui m’importe le plus à chaque fois c’est la notion de plaisir, de partage, de valorisation et également cet espace de liberté entre les règles qui font que les joueurs peuvent se l’approprier et laisser voguer leur imagination et leurs capacités insoupçonnées … Et pour ça : Merci Koowah? !

