Dans The Royal Society of Archeology, vous dirigez une prestigieuse société archéologique au début du XXᵉ siècle. Votre mission : organiser des expéditions à travers le monde, ramener des reliques, enrichir vos connaissances… et gagner en prestige auprès de la Royal Society.
Le jeu repose sur un placement d’ouvriers assez épuré, avec peu d’actions mais des choix toujours importants.
Les règles du jeu :
Une partie se joue en 4 ou 5 années selon le nombre de joueurs. Chaque année est assez simple : on va surtout placer ses explorateurs pour réaliser des actions. Chaque joueur possède 3 explorateurs. Comme il y a quatre années de jeu, cela fait 12 actions au total pour toute la partie.
Au début de chaque année, les joueurs se positionnent sur la piste d’ordre du tour. Les meilleures places donnent de bons bonus… mais vous feront jouer plus tard. Il faut donc choisir entre avantage immédiat ou priorité d’action. Ensuite, chacun leur tour, les joueurs placent un explorateur sur le plateau pour réaliser une action, jusqu’à ce que tout le monde ait posé ses trois explorateurs.
Le jeu propose seulement quatre actions principales :
- Gagner de la connaissance, pour progresser sur les différentes pistes de savoir nécessaires à certaines expéditions
- Obtenir de l’argent, en trouvant des mécènes ou en vendant des artefacts
- Exposer des reliques au musée, afin de récupérer des bonus et vous positionner sur certains scorings de fin de partie
- Organiser une expédition, si vous remplissez les conditions demandées (argent, niveau de savoir, expérience de l’explorateur)
Les expéditions sont représentées par des cartes qui indiquent une région, des prérequis et les récompenses obtenues : points de victoire, reliques, savoir ou bonus divers.
Chaque explorateur possède un niveau d’expertise. Plus il est expérimenté, plus l’action qu’il réalise sera puissante.
L’expertise augmente principalement en réussissant des expéditions, mais vous pouvez aussi dépenser de la réputation pour augmenter temporairement le niveau d’un explorateur et accéder à des actions plus fortes. C’est l’un de mes petits plaisirs : savoir quand booster un explorateur pour optimiser un tour
Contrairement à beaucoup de jeux de placement d’ouvriers, ici les joueurs ne se bloquent pas vraiment. Si vous placez un explorateur sur une action où se trouve déjà un explorateur plus expérimenté, les deux joueurs reçoivent un bonus. L’explorateur moins expérimenté apprend, tandis que le plus expérimenté renforce sa réputation.
Cette mécanique d’apprentissage mutuel apporte une interaction positive assez rare dans ce type de jeu.
Le jeu comprend aussi une petite gestion de cartes et de reliques. Chaque joueur peut avoir jusqu’à trois cartes expédition en main, et chaque sac d’expédition contient 15 reliques réparties en quatre types : instruments, poteries, parchemins et bijoux.
Ces reliques servent à accomplir des expéditions, activer des bonus ou compléter certaines collections exposées au musée.
Le score se suit sur deux pistes différentes : Prestige et Savoir.
- Le Prestige représente votre réputation et se gagne surtout grâce aux expéditions et aux expositions.
- Le Savoir reflète votre avancée scientifique et s’obtient plutôt via les objectifs et certaines actions.
Le gros twist : seul votre score le plus bas entre les deux sera pris en compte en fin de partie. Impossible donc de se concentrer sur un seul aspect, il faut équilibrer sa progression.
Pendant la partie, vous pourrez aussi valider :
- des objectifs communs, avec un bonus important pour le premier joueur qui les atteint
- des objectifs personnels, liés à vos expéditions
Après la dernière année, on procède au décompte final. Le joueur dont le score le plus faible entre Prestige et Savoir est le plus élevé remporte la partie.
Et mon avis ?
Après plusieurs parties de The Royal Society of Archeology, je dois dire que j’ai passé de très bon moment à chaque fois. On est sur un jeu de pose d’ouvriers assez épuré, qui va droit au but, mais qui arrive malgré tout à proposer quelques idées intéressantes qui font la différence pendant la partie.
Le jeu ne s’embarrasse pas de mille mécaniques : tout est concentré autour de quelques actions seulement, et pourtant chaque choix est un peu casse tête. Au début de la partie, on peut même se dire que ça risque d’être un peu tricky avec si peu d’actions disponibles… mais finalement, dès qu’on commence à valider des expéditions et à récupérer leurs récompenses, tout s’enchaîne assez naturellement. On sent vraiment une petite montée en puissance qui rend les tours suivants beaucoup plus satisfaisants.
La mécanique des deux pistes de score est aussi une très bonne idée. Le fait que seul le score le plus faible soit pris en compte oblige à garder un œil sur les deux aspects du développement. On ne peut pas se contenter de foncer tête baissée dans une seule stratégie, il faut constamment équilibrer son jeu. Ça pousse à toucher un peu à tout, ce qui donne une partie assez dynamique et évite de rester focus sur une seule stratégie.
Autre point que j’ai trouvé vraiment sympa : la mécanique liée à la force des ouvriers. Lorsqu’on se place derrière un explorateur plus expérimenté, cela peut générer des bonus pour plusieurs joueurs. C’est un petit twist qui apporte une forme d’interaction positive assez agréable, surtout dans un genre où l’on est souvent plus habitué à se bloquer mutuellement qu’à profiter des actions des autres.
Côté rythme, c’est aussi une réussite pour moi et mes partenaires de jeu. Les parties restent assez courtes, autour de 45 minutes à 2, et ça s’enchaîne très bien. Même si ce n’est pas forcément la configuration idéale, ça fonctionne très bien pour une partie rapide et découvrir le jeu. C’est fluide, ça ne traîne pas en longueur, et on a rarement le temps de tomber dans de longues réflexions interminables.
Visuellement, le jeu est agréable. Les illustrations sont jolies et l’iconographie est claire, ce qui rend la lecture du plateau très confortable. On comprend rapidement ce que l’on peut faire, et c’est toujours un point important dans ce type de gros jeu touffus.
Maintenant, il faut aussi reconnaître que le jeu reste assez classique dans son approche. Les amateurs d’eurogames auront probablement une sensation de déjà vu. Les mécaniques fonctionnent très bien, mais elles ne révolutionnent pas le genre. On est clairement sur quelque chose de solide et efficace plutôt que sur un titre qui va bouleverser vos habitudes.
L’édition, elle aussi, laisse un ressenti un peu mitigé. Tout est fonctionnel, mais le plateau est vraiment très grand, ce qui peut surprendre par rapport à la profondeur réelle du jeu. Ce n’est vraiment pas gênant pour jouer, mais ça donne une impression un peu disproportionnée.
Enfin, après plusieurs parties, on commence aussi à percevoir une certaine limite dans la rejouabilité. Les stratégies restent assez cadrées et on a un peu l’impression d’avoir fait le tour après quelques sessions. Mais honnêtement, ce n’est pas forcément un défaut : c’est le genre de jeu que l’on ressort de temps en temps, pour une partie rapide et agréable, feel good.
Au final, The Royal Society of Archeology est un jeu de pose d’ouvriers simple, efficace et très plaisant à jouer. Il ne cherche pas à en faire trop, et c’est justement ce qui fait sa force. Ce n’est peut être pas le jeu que vous enchaînerez cinquante fois d’affilée, mais c’est clairement un titre que l’on prend plaisir à ressortir de temps en temps pour une partie fluide et bien rythmée.
Et honnêtement, ça fait toujours du bien d’avoir ce genre de jeu dans sa ludothèque.