Imaginez un jeu de cartes ou on pourrait payer pour choisir sa main et surveiller celle des autres ! Vous voyez l’idée ? Alors vous n’êtes pas loin de savoir jouer à Charuma, je vous en dis plus ici.
Qu’est-ch que ch’est qu’cha ?
Au nom de l’auteur : Takashi Saito et à la lecture du titre, on devine déjà l’origine asiatique du jeu confirmée par les illustrations à la fois charmantes et minimalistes de Simon Caruso qui, au travers de petits clins d’oeil par-ci par-là, rend hommage à la première version : Gear effectivement publiée au Japon.
C’est au Pays du soleil-levant que vivent les Darumas. Ces créatures de papier mâché représentant des moines bouddhistes aveugles sont censées nous accompagner dans l’accomplissement d’objectifs qui, s’ils sont atteints, nous permettent de leur rendre la vue en guise de remerciement pour le soutien et sans doute les ondes positives reçues durant les épreuves traversées.
Dans Charuma, vous rencontrerez non seulement des Darumas (les cartes rouges) mais aussi des Chats (les cartes bleues) et votre but est de faire un maximum de points !
Plein la vue !
Comme dans tout jeu de plis fidèle aux origines, l’idée est évidemment d’en remporter plus que les autres avec, si possible, les valeurs qui scorent à l’intérieur mais vous allez voir que le système diffère légèrement et rend le tout très accessible et amusant surtout pour les novices ou réfractaires à cette mécanique je trouve.
Ici, en dehors des As qui offrent un point de plus quand on les ramasse, les autres ne donnent rien en supplément ce qui allège grandement l’esprit déjà bien occupé à observer le tour de table. Chaque As rapporte donc un point, chaque pli classique aussi mais il y a dans Charuma des possibilités pour en gagner plusieurs d’un seul coup !
Habituellement, vous êtes habitué à suivre à la couleur n’est-ce pas ? Mais pour une fois, vous allez devoir suivre le nombre de cartes jouées puisque dans Charuma, on peut ouvrir le pli avec une carte seule ou une paire de valeurs identiques. Si un pli est gagné grâce à une paire, ce n’est pas 1 mais 2 points de gagner ! Et si vous ramassez le tout dernier de la manche (avec une ou deux cartes), c’est encore 2 points bonus qui tombent !
(si on n’a pas, on donne quand même 2 cartes !)
Ca brûle les doigts !
On a vu la première spécificité de Charuma : jouer plusieurs cartes à son tour et obliger les autres à faire de même ; mais ce n’est pas la seule ! Dans ce petit jeu de cartes original, la première phase de chaque manche est d’une importance capitale puisque vous pouvez dépenser vos points de victoire (on démarre avec 5) pour choisir votre main !
En effet, seules deux cartes vous sont distribuées face cachée et restent ainsi tant que vous ne décidez pas de les balancer. Pour le reste, il faut miser judicieusement pour récupérer les valeurs qui, associées à celles de vos cartes secrètes, peuvent peut-être vous aider à tout rafler ! Mais on peut également se montrer économe pendant que les autres se ruinent, ou encore les inciter à cracher leurs précieux points … faut voir !
Dans tous les cas, les points misés sont remis en stock et les cartes gagnées (ou attribuées) rejoignent votre zone de jeu. Pas votre main, non non : un peu comme dans Xylo, elles restent visibles de tous jusqu’à la fin !
Charmée par Charuma ?
Découvert à Vichy cette année, je ne m’explique toujours pas pourquoi ce jeu me plait autant … Peut-être parce que la phase d’enchère se fait sans bla-bla et ne dure pas des plombes ! Peut-être aussi parce que c’est facile de retenir que les valeurs ne vont que de 1 à 10 et sont présentes en deux exemplaires chacune … Sans doute également grâce à la visibilité que l’on a sur le jeu des autres qui permet une lecture et une déduction plus immédiates !
En dehors de la simplicité des règles, je crois que ce sont surtout toutes les petites subtilités qui charmeront les joueurs : le fait d’être forcé de suivre à la couleur seulement avec nos cartes visibles (et de garder le reste pour un prochain coup d’éclat !), le fait que l’As reste la plus petite valeur qui soit sauf face à un 10 devant lequel elle devient la plus forte ! Ou encore ce détail qui précise qu’en cas d’égalité pour gagner un pli (puisque chaque carte existe en deux exemplaires), la personne à avoir posé le plus tardivement l’emporte !
Surprise par l’aspect véritablement plaisant de ce curieux petit jeu à la fois malin et calculatoire, je vous invite vivement à aller l’essayer au Festival international des jeux de Cannes sur le stand de Darucat ou de guetter sa sortie fin mars 2026 !