Vous cherchez quelque chose à vous mettre sous la dent entre amis, bonne ambiance, plutôt coop’ et sans lourdeurs dans les règles ou le système de scoring ? J’ai ce qu’il vous faut pour vivre des instants mémorables !
Tourner sa langue 7 fois avec Dadada
Assister à une partie de Dadada est déjà une expérience en soi : observer les joueurs s’acharner à montrer une image en répétant un son débile du genre : Ra-Pu-Gné, RA-PU-GNÉ ! RA-PU-GNÉÉÉ !!!! c’est assez extraordinaire. Mais soyons honnête, la première fois qu’on nous le pitche on se dit « jamais de la vie ! ».
Dans Dadada, toute la table est réunie dans un but précis : inventer un langage. Pas juste faire des trucs stupides, non non : créer une langue et faire en sorte qu’elle fonctionne réellement. C’est là toute l’intelligence de la proposition : sous l’apparence d’un jeu d’ambiance, et c’en est un, pas de problème à le dire, il se passe quelque chose de fort. Certes on a l’air un peu ridicule mais n’empêche que, quand on joue vraiment le jeu d’arrêter d’utiliser notre langue natale et de se contenter d’aller et venir entre un son et l’autre pour décider de ce qui correspond le mieux à l’image que l’on a en main : ça fonctionne ! C’est drôle et c’est surprenant !
Deux phases de jeu : durant la première on dispose des Sons sur la table (jusqu’à 5) puis on tente de répartir 13 images en les associant à un ou plusieurs de ces Sons. On tâtonne : Zu ? Zuuuuu ! Zu/RA ?? => Zuuuu-Ra ! Quand on est tous d’accord, on pose l’image sur l’emplacement validé par le groupe. Il faut arriver à se concilier toujours sans utiliser notre langage habituel, vous me suivez ?
Puis vient la seconde phase où un joueur prend secrètement connaissance d’une image. Il émet alors le son qui, selon lui, permettra de la retrouver : RRrrrra-Pwé. Il la mélange à six autres et les présente à ses co-équipiers qui tentent de deviner quelle était la carte de départ mais jamais sans utiliser autre chose que le langage ainsi créé ! On procède la plupart du temps par élimination en beuglant les bruits qui auraient sans doute été produits si telle illustration était la bonne : Zu par ci, Ra-Bér par là et autre Pwé-Pwé permettent de réduire le champ des possibles … Pour le reste, on joue sur l’intonation, l’intensité, la durée d’un son etc ; croyez-moi, il se passe un truc vraiment magique à votre table. Ce nouveau dialecte devient alors source de messages codés entre vous pour la vie : Dov-Dov !
Les points forts de Dadada :
- Des moments légers, drôles à crever et presque intimes !
- Une idée saugrenue qui pourtant révèle de belles qualités chez les joueurs : s’écouter, se comprendre, se mettre d’accord
- Un système parfait pour compter les points facilement (cartes trouvées) et mettre fin à la partie (2erreurs)
Peser ses mots dans Osmosis
Si au premier abord il a l’air de ressembler à beaucoup d’autres, dès le début de partie, vous vous rendez compte que non ! On a affaire ici aussi à un OLNI (Objet Ludique Non Identifié) puisque dans Osmosis, les participants tentent de réaliser ensemble des missions communes en sélectionnant des cartes individuellement tout en étant terriblement restreints dans leurs échanges !
Je m’explique : au centre de la table, des missions : trouver une paire, associer 3 cartes qui pourraient raconter une histoire, isoler l’intrus etc. A chaque manche, les joueurs essaient de remporter l’un de ces défis. Pour cela, tous votent avec leurs cartes numérotées pour la ou les illustrations (ou mots selon la phase) qui correspondent. Mais avant, il faut se mettre d’accord et c’est là tout le sel du jeu : interdit de désigner ou décrire directement les images qu’on a en tête. A la place, on fouille dans son vocabulaire pour tenter d’expliquer notre raisonnement : « moi j’ai une paire absolument évidente visuellement ! Mais je vois aussi deux images qui pourraient être la résultante d’une troisième ! », « Aaah ouais ok, je crois comprendre l’histoire que tu te créés mais si les autres ne trouvent pas, peut être qu’on peut en isoler une qui n’a thématiquement rien à voir avec toutes les autres !« .
Ca a l’air ch… barbant quand on nous l’explique alors que c’est super plaisant à jouer ! Pourquoi ?Parce que c’est assez peu punitif : une majorité de réponses communes et c’est dans la poche. Idem pour savoir si on a gagné : 2 manches sur 3 et c’est ok ! 3 sur 3 et c’est le pied ! Le genre de jeu où perdre te fait rire et te donne envie de recommencer !
Les points forts d’Osmosis :
- Des illustrations conceptuelles qui stimulent l’imagination et font sens avec le thème
- Un système efficace et connu mis au service de l’originalité du principe (évolutif en plus !)
- On joue avec le vocabulaire et l’intensité du regard (lol), un véritable challenge stimulant !
Se passer le relais avec Ritual
Sans doute le plus surprenant et le plus clivant des trois. Soit vous détesterez, soit, comme moi, vous serez transporté par autant de génie et de magie ! Ritual aborde une thématique chamanique qui lui convient parfaitement tant dans son graphisme que dans les émotions qu’il véhicule.
Sous cet étrange couvercle se cache un joli petit trésor au style très organique et totalement exclusif. La découverte du matériel constitue déjà une grande part du plaisir tactile et visuel, le téléchargement de la bande son en guise de chrono se charge ensuite de compléter l’ambiance avec ses tam-tam envoûtants et … motivants dirons-nous (un peu à la Jumanji !).
Une partie de Ritual se joue en 3 manches. Au début de chacune d’elles, chacun reçoit un Objectif Personnel qui correspond forcément à l’une de ces configurations : avoir 5 Pierres identiques, avoir 2 trios, avoir 3 paires. Le premier Chaman à s’éveiller (Objectif atteint) prend secrètement connaissance du défi à faire réaliser à tout le monde lorsque trois Chamans au total seront éveillés.
La difficulté principale est de ne pouvoir parler. Toute information se transmet par les quelques actions accordées au compte-goutte (une seule par tour) : prendre une Pierre à gauche, donner à qui on veut, réserver, passer etc. L’autre aspect qui pose problème au début est de ne pas accorder trop d’importance à son propre Objectif Personnel. Seuls trois doivent être réalisés, aussi il est essentiel de vite déterminer lesquels on sacrifie (mais tout ça sans parler ni soupirer !). Enfin, les étapes se succèdent et apportent toujours plus de stress challenge (surprise !) !
C’est absolument incroyable, indescriptible comme sensation ! Votre coeur palpite comme avant une compétition mais votre esprit vous susurre de vous apaiser pour vous concentrer. Les mains dansent, les yeux se baladent, le cerveau cherche à décrypter pourquoi untel a choisi ceci ou cela tout en réfléchissant à ce qu’il va vouloir faire à son tour sans oublier de passer le Totem au suivant sinon il ne se passe rien et on perd du temps !
Les points forts de Ritual :
- Un ressenti absolument à part qui donne la chair de poule (on se met en transe) !
- Plusieurs niveaux de difficulté, ça monte crescendo
- Une addiction déclenchée dès la première partie : impossible d’arrêter !