Fraîchement nommé à l’As d’Or – Jeu de l’Année, Rebirth a clairement toutes ses chances… et autant te dire que je suis joie. Vraiment. Je le voulais là.
À première vue, il peut impressionner, donner l’air d’un “gros” jeu. Mais dès que tu ouvres la règle, tout devient limpide : tu pioches une tuile, tu la poses, et voilà. Simple, basique. Et une fois autour de la table, tu te rends vite compte que chaque choix a son petit poids.
C’est quoi les règles ?
Tu vas devoir construire des cathédrales, des châteaux, ton territoire s’étend et prend forme peu à peu… tout en gardant un œil sur les autres. Parce qu’avec placement un peu trop généreux, tu offres des points ou une belle ouverture à tes adversaires.
Rebirth trouve un équilibre vraiment chouette entre un jeu calme, cosy, tout en ayant une vraie tension stratégique. Les tours s’enchaînent vite, tout est fluide, sans prise de tête. Et c’est là toute sa force : des règles simples, mais des décisions importantes dès les premiers placement.
À ton tour, tu poses une tuile sur le plateau, un territoire à reconstruire découpé en cases aux symboles bien précis. Chaque tuile a son rôle : ferme agricole, ferme énergétique, communauté… Certaines demandent un placement exact, d’autres sont plus flexibles et se posent sur des zones “joker”. C’est simple à comprendre, mais il faudra gérer avec le hasard de la pioche.
Très vite, tu ne poses plus une tuile au hasard “parce qu’elle va là”. Tu commences à te demander :
- Est-ce que je marque des points tout de suite ?
- Est-ce que je prépare un coup plus rentable pour plus tard ?
- Est-ce que je bloque un adversaire ?
Les fermes, par exemple, sont au cœur du scoring. À chaque ferme posée, tu marques des points immédiats en fonction de la taille du groupe auquel elle se rattache. Une ferme isolée te donne quelques p’tits points, mais quand tu viens agrandir une chaine déjà construite, là, les points commencent à pleuvoir. Et forcément, chaque placement crée aussi de petites ouvertures… que les autres ne manqueront pas de saisir pour vous bloquer ou saisir des occasions.
Les p’tites maisons, elles, lancent une vraie course à la majorité. Elles se placent dans les quartiers, qui ne scorent que lorsqu’elles sont entièrement complétées. À ce moment-là, on compare le nombre de maison de chacun : le joueur majoritaire marque le plus, le second un peu moins, et si tu es seul, tu prends le tout !
Résultat, chaque tuile posée dans une ville envoie un message clair à la table : « je m’installe ici ». Le timing est essentiel, entre temporiser pour ne pas offrir de points… ou provoquer le scoring quand tu sais que tu es devant.
J’en pense quoi ?
Rebirth a souvent été comparé à Carcassonne, et il l’est encore, mais perso, je ne suis pas forcément d’accord… surtout que je ne suis pas fan de Carcassonne. Alors je l’ai testé, et j’ai kiffé direct. Le plateau est magnifique, les châteaux, les cathédrales et les petites tuiles sont vraiment de bonne qualité. On a envie de tout poser, juste pour le plaisir de voir le paysage s’agrandir et se colorer sous nos yeux.
Parfois, un adversaire viendra te piquer le spot parfait, mais ce n’est jamais frustrant : tu grognes un peu, peut-être, mais rien de méchant, et tu retombes vite sur tes pattes.
Le matériel est top. Les pions en rewood(?) sont très agréables à manipuler. Le plateau et les illustrations donnent vraiment envie de s’installer à table.
Le jeu s’explique en quelques minutes. Même les néophytes comprennent vite le mécanisme : on pioche une tuile, on la pose, on essaie de construire ses majorités, d’ériger châteaux et cathédrales, de prendre les ports. Simple, mais pas simpliste. Derrière chaque pose se cache un choix, une anticipation, parfois frustrante à cause du tirage aléatoire, mais toujours intéressante.
À 2 joueurs, c’est agréable, mais à 3 ou 4, Rebirth est plus interessant. Il n’y a pas de conflits directs ni de coups agressifs, juste une interaction constante : on bloque, on gêne, on cherche à prendre l’avantage. C’est discret, mais suffisant pour pimenter les parties.
Le jeu propose deux modes : simple et avancé. Le mode simple est plus « doux », avec des objectifs secrets, tandis que le mode avancé est un peu plus stratégique : on garde en tête les objectifs visibles, on tente de bloquer les autres, on réfléchit davantage aux placements. Deux expériences différentes, deux sensations distinctes, mais qui restent assez similaires en termes de difficulté.
Le hasard est présent, oui, mais il n’écrase pas la partie. Ce qui compte, c’est la gestion des majorités, des chaînes de champs, des cathédrales et des bonus. Savoir quand viser la seconde place dans un quartier, protéger un château ou profiter d’une opportunité… c’est là que réside toute la richesse du jeu.
Le démarrage peut être un peu lent, certains moments demandent de la réflexion (préparez le café !), mais une fois lancé, le rythme s’installe, la tension monte, et le plaisir de voir son territoire évoluer est très gratifiant. Rebirth est élégant, malin et fluide. Il ne cherche pas à vous surprendre avec des twists impossibles ou des coups fourbes : il propose juste un jeu simple, immédiat, mais avec une vraie profondeur quand on gratte un peu.
C’est un jeu que tu peux sortir en famille comme entre potes. Beau, agréable à manipuler, stratégique juste ce qu’il faut et suffisamment interactif pour que personne ne s’ennuie. Pour moi, c’est un vrai coup de cœur : Rebirth génère des émotions autour de la table et, pour l’instant, je n’ai rencontré que des joueurs satisfaits, mais bien sûr je ne le fais pas tester à tout le monde, je sais qu’il ne fonctionnera pas avec tous les profils ! C’est pour moi la définition même du jeu de plateau, amusant, agréable et simple, on comprend et valide sa nomination à l’As d’Or.