InPatience, bien connu pour sa gamme solo Min’Inp et les jeux de l’Onivers, revient avec Mazing, un casse-tête solo et coopératif signé Jim Deacove. Mais est-ce que, derrière ce damier bicolore, se cache un casse-tête digne de ce nom?
Deux royaumes, un seul labyrinthe
Le principe tient en une phrase, et c’est là toute la force du jeu : deux camps de messagers, noirs et blancs, doivent chacun rejoindre le point de départ de l’autre camp — sauf que le labyrinthe qui les sépare n’est pas figé. À chaque tour, on n’avance pas seulement nos messagers, on manipule aussi les autres pièces du plateau pour ouvrir de nouveaux chemins ou, au contraire, en fermer d’autres. Autant dire qu’il ne suffit pas de foncer tête baissée : chaque mouvement modifie le labyrinthe, et il faut anticiper plusieurs coups à l’avance pour ne pas se retrouver à bloquer nos propres messagers.
Bonne nouvelle pour la prise en main : chaque pion reprend une icône qui indique clairement son déplacement propre, et on retient étonnamment vite qui fait quoi. Pas besoin de retourner aux règles en permanence — l’essentiel se lit directement sur le matériel.
En solo, à deux…avec plus ou moins de coopération
Mazing propose deux façons bien distinctes de jouer. En solo, c’est un casse-tête pur et dur : on gère les deux camps soi-même et il faut tout visualiser, tout programmer. On déplace un pion blanc puis un noir et ainsi de suite.
En duo coopératif en revanche, chacun gère les pions d’une couleur. On doit donc se répartir les rôles… Et là, le jeu nous laisse étonnemment libre sur le niveau de communication. On peut décider de tout dire à son partenaire pour résoudre le casse-tête en commun ou au contraire se restreindre à quelques indices pour corser la difficulté. Une manière ingénieuse de faire varier le niveau de challenge sans toucher aux règles.
Varions les plaisirs
A cette lattitude sur la coopération s’ajoutent deux petits variantes pour corser encore les choses. On peut ainsi jouer avec la face plus avancée du plateau qui contient davantage de pièges. Ces cases qui, si un pion s’arrête dessus, le bloque pour le reste de la partie. On peut également décider que nos pions messagers ne peuvent qu’avancer! Plus de retours en arrière possible.
Toutes ces options et modes de jeux ajoutent vraiment de la rejouabilité à un jeu qui pourrait risquer de lasser une fois qu’on a réussi à traverser le labyrinthe quelques fois.

Mon avis
Mazing tient sa promesse de casse-tête malin. Le mode solo comblera les amateurs de réflexion pure, tandis que le mode à deux offre cette liberté rare de doser soi-même la difficulté selon l’envie du moment — une soirée tranquille ou un vrai défi en se limitant à quelques regards plus ou moins appuyés. Ajoutez à ça des pions dont les icônes se lisent d’un coup d’œil, et la prise en main devient un jeu d’enfant malgré un plateau qui évolue sans arrêt.
Côté matériel, InPatience joue la carte de la simplicité : peu d’éléments dans la boîte, mais un bois agréable en main pour les pions et un plateau double face. Le côté bicolore et les îcones renforcent cette simplicité apparente, propre aux jeux abstraits.
Le vrai point d’interrogation, c’est la rejouabilité : une fois les mécanismes bien intégrés et quelques configurations résolues, on se demande combien de temps le jeu gardera sa capacité à nous surprendre avant de tourner en rond.
Un jeu plutôt à recommander pour des parties de temps en temps donc… ou à faire découvrir régulièrement à de nouveaux joueurs. Y compris les moins aguerris avec sa simplicité de prise en main !