J’ai eu le plaisir de tester le jeu avec son créateur, Steve, mais aussi de l’interviewer pour découvrir son parcours et les coulisses de la création de ce jeu dont la campagne Ulule démarre aujourd’hui.
Interview avec Steve
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je me présente, Steve Acker, kinésithérapeute en Alsace, joueur et danseur passionné.
Quel est ton profil de joueur ?
J’adore les jeux coopératifs et les jeux d’interaction qui créent des moments épiques autour de la table. Je ne suis pas trop fan des jets de dés quand ils sont mal gérés (100% de hasard), ni, de manière générale, des jeux où l’on passe toute la partie dans son coin. Mon top jeux : Spirit Island, Gloomhaven, Inis, Tyrans de l’Ombreterre, Brian Boru, Rokugan.
Comment est née l’idée de Merl’inn ?
J’ai perdu ma mère en 2023 et, dans ces moments-là, on cherche des choses auxquelles se raccrocher. Adrien et son frère Alex m’ont proposé de venir à Paris chez eux pour me changer les idées. On a passé le week-end à jouer et à manger. J’ai confié à Adrien que j’avais toujours rêvé de créer un jeu de taverne. On a brainstormé ensemble, et Merl!inn est né sur un bout de papier.
Peux-tu nous en dire plus sur le processus de création ?
Trois ans de développement acharné, des centaines de playtests, des échecs, de superbes rencontres et d’autres beaucoup plus négatives. Beaucoup de refus d’éditeurs aussi, car le marché est dans une période où ils recherchent surtout de petits jeux à éditer. Il faut avoir de la chance et tomber au bon moment. Plusieurs fois, on a failli tout abandonner. Après plus de 40 rendez-vous éditeurs, personne ne voulait de notre jeu. Je ne pensais pas un jour lancer une campagne de financement ni de nous autoéditer… et pourtant. Bref, un vrai parcours du combattant pendant trois ans. Mais notre amitié est aujourd’hui plus forte que jamais, et le fait d’avoir rencontré Gox (l’illustrateur du jeu) à Vichy nous a vraiment motivés à concrétiser le projet.
Parlons un peu de la campagne Ulule en cours…
La campagne démarre à 10 000 € pour le premier palier, car c’est un objectif réaliste pour lancer la production. Trop de campagnes peu transparentes circulent désormais ; nous voulons jouer la carte de la sincérité, car clairement, nous n’allons pas en vivre. À 15 000 €, toutes les guildes seront débloquées. À 20 000 €, nous avons prévu des scénarios solo et coopératifs. Et pour le reste… surprise. Concernant les délais, tout a déjà été validé avec le producteur. Il doit m’envoyer une copie courant du mois pour validation finale avant lancement en production. Nous nous sommes donc bien préparés afin que le jeu soit, en théorie, disponible sous 3 à 5 mois, ce qui est très rapide dans le financement participatif car nous avons tout préparé avant. S’il y a du retard, ce sera lié à la conjoncture et non à notre organisation.
Peut-on avoir un petit teaser de ce qui est en préparation si la campagne est un succès ?
J’ai encore trois autres idées de jeux derrière ! Le deuxième jeu est même déjà terminé. Là où Merl’inn est un jeu de plateau destiné à un public entre initié et expert, notre second jeu sera un jeu de cartes, “Inn the Pocket”, positionné entre familial et initié. Il proposera de nouvelles mécaniques originales, mais sera plus facile à sortir, avec des parties d’environ 30 minutes, afin de toucher un public différent. Cela dit, il restera suffisamment challengeant pour plaire aussi aux joueurs plus expérimentés. L’objectif, c’est d’avoir une gamme complète de jeux de taverne pour tout le monde.
Mon avis sur le jeu
Merl’inn est donc un jeu de gestion de taverne… Dit comme cela, on s’attend à un jeu plutôt classique mais Merl’inn impose rapidement sa différence!
Par son thème d’abord ! Nous sommes bien dans un univers de fantasy, mais qui penche davantage du côté du Donjon de Naheulbeuk (inspiration assumée) que de Tolkien ! Au menu donc, elfes hard rockeurs, nains qui volent à travers la pièce et orcs videurs…
Notre but ? Avoir la meilleure taverne de tout Cumbria ! Pour cela, nous allons essayer d’attirer certains visiteurs et d’en faire fuir d’autres pour compléter les défis et missions qui changent à chacune des 4 manches. Nous allons aussi récupérer des ressources afin d’acheter de nouvelles cartes et d’améliorer notre deck, de nouvelles tables pour accueillir plus de visiteurs ou encore du mobilier pour bénéficier de pouvoirs spéciaux.
Niveau mécanique, on va donc retrouver un peu de deckbuilding, de la gestion de ressources et de l’asymétrie. Car oui, chacune des guildes jouables arrive avec une carte spéciale et un pouvoir unique ! De quoi ajouter de la rejouabilité également.
Mais le cœur du jeu, ce sont toutes les actions qui vont nous permettre d’aller embêter nos voisins ! Un défi demande d’avoir moins d’elfes que chez nos voisins ? Alors on va leur en envoyer ! Nous devons avoir des orcs et des elfes pour scorer ? Les nains iront donc occuper des places dans une autre taverne ! Ces petites taquineries vont sans aucun doute animer la table (la vraie !).
Le jeu propose également un mode solo. Un automa, très simple à gérer, va venir simuler un adversaire tout aussi retors que pourrait l’être un joueur humain… Voire même plus dans les niveaux de difficultés les plus élevés. Car si le jeu est accessible dans ses règles, il reste assez « initié », voire un peu plus si on veut tout optimiser et réagir aux coups fourrés de nos « amis ».
Notons que l’automa peut aussi s’ajouter à une partie à 2 ou 3 joueurs pour encore plus d’interaction !
Bref, Merl’Inn est un jeu initié mais accessible, qui titillera les amateurs de light fantasy, d’humour un peu potache et d’interaction constante !
J’ai aimé :
- le thème avec ses références, ses jeux de mots
- l’asymétrie avec les différentes guildes et leurs pouvoirs variés
- l’interaction assumée, on s’embête tout du long mais cela fait partie des éléments à prendre en compte dans notre gestion
- la présence d’un automa bien développé, à plusieurs niveaux de difficultés et qu’on peut aussi intégrer en multi
Si ce jeu vous intéresse, la campagne Ulule a démarré aujourd’hui, le 18 février, et se termine le 15 mars à 19 h !
Contribuer au projet