La présentation du jeu va être un peu farfelue, et j’avoue qu’en me renseignant dessus, j’ai souri plus d’une fois en me disant : « Ah, ça va plaire à bidulette » ou « Ah, ça va plaire à mon boubourse ».
À chaque tour, le jeu alterne entre le jour et la nuit.
Pendant la journée, vous envoyez vos ouvriers dans Londres pour développer votre entreprise, recruter, faire de la publicité ou obtenir les faveurs de certaines entreprises locales, tout en construisant progressivement votre propre petit moteur de cartes.
La nuit, vos ouvriers servent à déplacer les déchets dans les rues de Londres afin de les évacuer et de générer des profits. Le déplacement suit un système commun à tous les joueurs : il faut donc optimiser vos mouvements tout en surveillant les opportunités que vous pourriez, parfois involontairement, offrir à vos adversaires.
Au fil de la partie, vous améliorez votre entreprise, recrutez de nouveaux travailleurs et cherchez à accumuler le plus d’argent possible.
- Gestion
- Pose d’ouvriers
- Majorité et déplacement

Vous arrivez à Londres à l’époque des Tudors. Comme vous vous en doutez, à cette époque, il n’y a pas de tout à l’égout et les rues débordent de déchets humains. Du coup, quelle est la solution ? Des entreprises émergent et sont prêtes à tout pour transformer cette situation, un peu crado, en opportunité commerciale.
Night Soil est donc un jeu de gestion assez atypique, dans lequel vous allez diriger l’une de ces entreprises nocturnes spécialisées dans le ramassage de caca !
Le thème est, je pense, volontairement décalé pour que le jeu fasse parler de lui, mais derrière cette idée peu glamour se cache un jeu de gestion, de déplacement et de construction de moteur qui a l’air vraiment malin.
Aussi, la direction artistique de Jesse Gillespie ne me laisse pas indifférente : j’adore ces illustrations un peu old school.
Malgré ce thème, le jeu semble chercher à faire fonctionner plusieurs mécaniques ensemble sans transformer l’ensemble en usine à gaz… sans mauvais jeu de mots. Et ça me donne vraiment envie : le jeu a l’air complet sans être trop complexe.
Le système de jour et de nuit structure naturellement la partie. Il faudra réfléchir à ses propres actions, tout en gardant un œil sur ce que les autres sont susceptibles de faire.
Au niveau visuel, le jeu assume complètement son univers historique et décalé, loin des thèmes habituels. Les illustrations de Jesse Gillespie donnent au jeu une vraie identité, avec ce contraste assez amusant entre l’élégance de l’époque et son sujet pour le moins particulier. Je dis bravo !
Pour 2 à 5 joueurs et environ 60 à 90 minutes, Night Soil mise donc sur une proposition plutôt originale : prendre un sujet improbable et en faire le moteur d’un jeu de gestion qui semble suffisamment compact pour rester accessible, tout en conservant de vrais choix tactiques.