Dans ses mécaniques, First Giants fait penser à Elysium. Et ce n’est pas un hasard : les mécaniques reprennent une idée originale qu’on retrouvait dans le jeu de base de Matthew Dunstan et Brett J. Gilbert… construire un moteur de cartes avant de devoir le démonter pour avancer et le transformer.
- Construction de moteur
- Collection de cartes
- Draft ouvert
Un jeu de dinosaures où il faudra apprendre à détruire ce que vous avez construit
Une mécanique qu’on voit finalement assez peu dans le paysage ludique, et qui apporte une sensation très différente des jeux de tableau classiques. Il ne faudra pas seulement accumuler des effets toujours plus puissants, mais aussi savoir quand accepter de démonter sa propre machine pour faire avancer son musée.
Je pense que First Griants cherche à être plus lisible, plus fluide et probablement plus accessible. Là où Elysium était ultra tendu et très mathématique, First Giants paraît miser sur quelque chose de plus simple, avec des rythmes qui peuvent varier d’un joueur à l’autre.
Visuellement, je le trouve aussi beaucoup plus chaleureux que son illustre cousin. Là où Elysium avait une esthétique mythologique assez froide et pas très épurée, First Giants paraît miser sur le plaisir d’avoir du beau matériel. Fossiles colorés, ambre translucide, collections qui prennent forme sous les yeux des joueurs… tout semble pensé pour construire peu à peu une véritable galerie de dinosaures.
Les illustrations de Maud Chalmel, Jessica Cognard et Joeva Gaubin renforcent d’ailleurs cette identité plus lumineuse et familiale, on dirait un musée, très différent des autres jeux de dino.
Le fait que le jeu conserve des familles fixes de dinosaures plutôt qu’un système modulaire m’intrigue aussi. Une approche moins “boîte à outils”, mais peut-être plus élégante et plus fluide à installer, avec un apprentissage plus rapide des cartes au fil des parties.
Il me reste une question en suspend au niveau de la profondeur du jeu, First Giants semble volontairement moins punitif, plus accessible et plus rapide à prendre en main qu’Elysium. Mais il faudra vérifier si cette fluidité ne laisse pas de côté tous les enjeux qui faisaient la richesse du jeu de base.
Derrière le projet, on retrouve justement Brett J. Gilbert et Matthew Dunstan, déjà connus pour leur capacité à proposer des systèmes de jeu accessibles mais légèrement tendus. À l’édition, Space Cowboys fait encore du super taff avec un jeu élégant et séduisant sur table.

