Dans Potion ou Poison, le ton est donné dès les premières secondes : vous incarnez des gobelins enrôlés de force pour tester les mixtures d’une sorcière peu scrupuleuse. L’objectif est simple : être le dernier survivant, mais la route pour y parvenir est pavée de pièges, de rires et de retournements de situation.
Toi tu vis, toi tu vis, toi tu crèves !
Le jeu repose sur une mécanique de prise de risque. Chaque joueur possède un petit assortiment de potions face cachée, dont certaines sont inoffensives et d’autres… mortelles. À son tour, on pioche une carte action avec des effets variés : boire la potion, désigner quelqu’un, faire boire tout le monde ou encore échanger des potions.
On pense forcément à ces jeux où les infos sont inconnues, comme In Vino Morte de chez Matagot. Ce genre de jeu où le plaisir vient autant de ce qu’on fait que de ce qu’on croit connaître chez les autres. Et ça, autour d’une table, ça peut très vite partir en cacahuète (dans le bon sens du terme).
La tension vient du fait que personne ne connaît réellement le contenu de ses propres potions. Boire devient alors un acte de courage (ou d’inconscience), et chaque décision peut mener à une élimination immédiate… ou temporaire. Le p’tit truc malin c’est que même éliminé, on continue à jouer sous forme de fantôme, capable d’influencer la partie et même de revenir à la vie sous certaines conditions. Cela permet aux joueurs de ne pas s’ennuyer s’ils perdent.

J’imagine déjà les enchaînements, les retournements de cartes loupés, les moments de stress avant d’en découvrir une, suivis d’un fou rire général quand c’est loupé. Le jeu semble vouloir créer ces instants-là plutôt que de nous faire réfléchir pendant 3h à une stratégie.
L’univers est léger et humoristique. Gobelins, sorcière attachante, tout est pensé pour créer une ambiance sympa. Le jeu ne cherche pas le réalisme, mais plutôt à favoriser l’ambiance immédiate et les interactions.
Mais forcément, on a aussi une petite crainte : que ça devienne trop “automatique”, trop lisse sur la durée. Cette sensation qu’on peut retrouver dans un Skyjo, où ça tourne mais sans forcément raconter quelque chose à chaque partie, ou qu’il y ait vraiment un enjeu. J’espère que le gameplay saura éviter ça.
Édité par Gigamic, Potion ou Poison propose un matériel simple mais efficace. Les cartes sont claires, faciles à manipuler, et le format compact permet de l’emporter facilement en soirée.
Le jeu se distingue aussi par sa capacité à accueillir de grands groupes (jusqu’à 10 joueurs), ce qui en fait un excellent choix pour les soirées entre amis ou en famille
Le jeu est signé José Manuel Fernández, qui nous vend une expérience accessible et dynamique, basée sur l’interaction.
Côté visuel, les illustrations de Ana Marco renforcent le ton humoristique avec des personnages expressifs et colorés. Les gobelins ont chacun une personnalité visuelle différentes, ce qui participe à l’immersion.
Sortie prévue le 2 Mai 2026