Je fais partie de ceux qui prennent toujours autant de plaisir à découvrir des nouveautés quand bien même elles ne révolutionnent rien dans leur mécanique centrale. Pourquoi ? Parce qu’un thème, un matériel, une ambiance, un fonctionnement, un twist peuvent donner une personnalité, et même une âme au jeu. En voici trois qui, selon moi, méritent que l’on s’y attarde !
Moustache : un jeu de plis pas si velu !
Distribution des cartes, le premier joueur ouvre le pli avec une couleur, vous êtes obligé de suivre ; si vous n’en avez pas pissez ou coupez ! Jusqu’ici rien de bien surprenant d’autant qu’en cas de pli monochrome, la plus forte valeur l’emporte … Ouahou quelle surprise alors ! Dans Moustache, les cartes qui font des points sont identifiables grâce aux petites Etoiles et pour les avoir, on veut … gagner des plis ! On cherche donc à jouer le plus gros numéro du tour. Oui mais ! Il y a une hiérarchie dans le règne animal et quand un animal plus gros que tous les autres est joué, peu importe sa valeur, il croque tout sur son passage. Ainsi le Morse sera toujours plus fort que tout (même le 0 !).
La prise en main du jeu est immédiate, une aide récapitule l’essentiel en terme de nombre, de répartition et d’ordre. Mais je ne vous ai pas encore tout dit … Ce qui donne de la personnalité à ce jeu qui appartient à une classe plutôt sérieuse et calculatrice, c’est qu’ici on est avant tout dans du jeu d’ambiance ! Certaines cartes ne sont pas distribuées, on ne peut donc pas tout maîtriser : un peu de chaos, c’est rigolo ! Par ailleurs, les manches se jouent en équipe mais l’attribution de ces dernières change à chaque fois : à un moment on s’entraide, l’instant d’après on se déchire ! Enfin, des micro-règles spécifiques ajoutent un peu de piment d’une manche à l’autre en se cumulant les unes, les autres … Les parties ne se ressemblent donc pas et obligent à revoir constamment sa stratégie !
Les points forts de Moustache :
- L’humour absurde et la beauté des illustrations apportent clairement un réel plaisir à manipuler ces cartes et participent à intégrer facilement les règles : 10 cartes par couleur, la longueur des moustaches correspond à la valeur, l’animal le plus gros mange le plus petit …
- L’aspect amusant prime sur le reste et ça fait du bien de taper le carton sans se prendre au sérieux
- Un jeu qui peut se partager avec des plus jeunes (dès 10 ans), attention, ils pourraient bien vous surprendre (une pensée pour Maud !)
Alice de l’autre côté du miroir : gratter sa feuille la tête à l’envers !
Placer, caser, remplir, viser des objectifs … On voit ça dans beaucoup de jeux et pour les névrosés du rangement (comme moi) on apprécie toujours autant. Cependant, c’est toujours agréable d’avoir un petit truc en plus qui donne un sentiment de nouveauté et de jamais vu. C’est le cas dans Alice de l’autre côté du miroir puisque vous allez jouer avec les deux faces de votre fiche !
A chaque tour, le joueur actif impose une forme à dessiner et tout le monde la reproduit dans son Labyrinthe personnel. De cette façon, on récupère des éléments qui nous font marquer des points ainsi que des bonus qui nous aident dans nos missions : les Gâteaux agrandissent une Forme, les Fioles la réduisent, les Théières déclenchent des effets encore plus puissants (à vous de les découvrir !). En fin de partie, il faudra avoir réussi à équilibrer les récoltes d’un côté comme de l’autre de sa fiche pour valoriser ses points.
Et comment on passe de l’autre côté ?! En traversant les miroirs bien sûr !
Les points forts d’Alice de l’autre côté du miroir :
- Le thème est parfaitement adapté à la mécanique, on s’y croirait : c’est beau, ça nous aspire mais il y a un sentiment de danger permanent qui rôde, il ne faut pas se laisser déconcentrer ni attendrir …
- Une règle du jeu aux petits oignons classée par intercalaires pour vite retrouver l’info qui nous manque (pitié, on en veut d’autres !)
- Un mode deux contre deux dont l’expérience promet encore du renouvellement et plein de surprises étonnantes !
Arigato : quand ton moteur s’emballe
Vous aussi vous aimez construire votre tableau et faire en sorte d’optimiser son rendement tout en interagissant avec celui du voisin pour l’empêcher d’obtenir trop de cartes avantageuses ? Dans Arigatō, vous retrouvez toutes ces sensations agréables en puissance 1000 ! Le jeu se concentre principalement sur cet aspect et épure tout ce qu’il peut y avoir autour.
En début de tour, on a tous une main de cinq cartes. Chacun en choisit deux pour gagner les ressources indiquées, deux autres qui partent chez le voisin et une qui s’installe dans notre Village. Village qui ne comporte que quatre emplacements. Autant vous dire que ça va vite à remplir et, comme ce n’est pas le but du jeu, il faudra faire des choix, bons si possibles, et de temps en temps des sacrifices !
Arigatō vous pousse à construire un moteur efficace mais éphémère ! Les Personnages ainsi placés apportent des effets qui génèrent des ressources essentielles et répondent à des critères pour remplir des objectifs. Objectifs qui défilent à toute allure : vous avez manqué celui de cette manche, concentrez-vous déjà sur les prochains car nous n’y reviendront pas et le temps presse !
Les points forts d’Arigatō :
- Le plaisir de développer son petit moteur est décuplé ici du fait de devoir sans cesse se réadapter
- On va à l’essentiel : du draft avec un véritable intérêt pour soi-même dans ce qu’on passe, un timing imposé par les objectifs qui diffèrent à chaque tour, des repères visuels immédiats pour se concentrer sur la gestion de ses ressources et de ses points
- Faire en sorte que tout combote bien est tellement satisfaisant … Le taux d’adrénaline grimpe avant de recevoir ses cartes et quand les éléments s’alignent, c’est une explosion de bonheur !