Il y a des jeux qui ne révolutionnent rien, mais que tu kiffe dès la première partie. Les Druides d’Edora fait clairement partie de ceux-là. Derrière son apparente simplicité, il cache une belle profondeur et un vrai kiff. J’y ai trouvé un équilibre rare entre stratégie, fluidité et plaisir.
Vous allez comprendre pourquoi il a une place toute trouvée dans ma ludothèque, et vous allez craquer aussi!
Les règles des Druides d’Edora
Dans les Druides d’Edora vous incarnez de puissants druides et prêtresses mystiques. À travers une forêt enchantée, vous explorez d’anciens sanctuaires, récoltez des ressources et tentez d’imposer votre prestige.
Le but ? Accumuler un maximum de points de prestige en accomplissant différentes actions :
- Ériger des menhirs et des stèles
- Concocter des potions
- Connecter des dolmens
- Consulter l’oracle sacré
Déroulement d’un tour
À votre tour, vous déplacez votre pion d’un sanctuaire à un autre en suivant les chemins qui serpentent entre les arbres.
Chaque sanctuaire traversé vous coûte une ration de nourriture, et traverser une forêt sombre en demande une supplémentaire. Une fois arrivée, choisissez une case action libre sur le sanctuaire et placez-y un de vos dés. Sa valeur détermine le coût en nourriture. S’il y a déjà des dés d’autres joueurs sur le lieu, une petite rivalité s’installe : celui ou celle qui a posé le dé le plus fort gagne deux points de prestige (youhou, c’est la fête du slip).
Vous activez ensuite l’action choisie :
- Récolter de la nourriture
- Avancer votre serpe
- Couper du gui (guy!)
- Ériger une stèle
- Compléter votre amulette.
Si votre dé vient encercler un foyer, le feu sacré s’allume et vous obtenez immédiatement les bonus gravés sur la pierre. Et si, au fil de vos rituels, vous reliez deux dolmens de même couleur par une chaîne ininterrompue de dés, vous profitez à la fois de leur puissance et d’un joli gain de prestige.
Pour terminer votre tour, votre serpe peut parfois atteindre de nouvelles herbes médicinales : déplacez-les sur votre plateau et révélez-les. Une herbe efficace (face visible) vous accompagnera désormais pour le reste de la partie, tandis que l’autre restera endormie, face cachée.
Les actions
Les sanctuaires regorgent de possibilités, et chacune est super importante suivant votre stratégie.
Vous pouvez :
- Partir en quête de nourriture
- Récupérer des dés pour préparer vos prochains tours
- Avancer votre marqueur de savoir pour renforcer votre influence
- Pousser votre serpe plus loin et découvrir de nouvelles herbes
L’oracle vous permet de choisir une tablette objectif, souvent accompagnée de bonus bien utiles.
Le gui, lui, sert à la préparation des potions, qui rapportent pas mal de bonus.
Vous pouvez aussi ériger des stèles ou des menhirs, symboles de votre maîtrise. Les stèles offrent des récompenses proportionnelles à la valeur du dé utilisé, les menhirs déclenchent les bonus qu’ils recouvrent et vous redéclenchez même ceux déjà érigés
Enfin, votre amulette se complète gemme après gemme. Plus elle brille … et plus votre prestige monte.
Herbes médicinales et bonus
Les herbes que vous débloquez grâce à votre serpe ne sont pas de simples plantes : ce sont de véritables alliées qui vont vous faire comboter.
Chaque herbe efficace renforce une de vos actions :
- Plus de nourriture
- Plus de gui
- Un déplacement de serpe accéléré
- Ou même la possibilité d’ajuster la valeur de vos dés avant de les jouer
Les bonus, eux, restent constants mais toujours précieux :
- Gain de prestige
- Avancée sur la piste du savoir
- Dé supplémentaire
- Nourriture
- Rameau de gui
- Progression de serpe
C’est en les combinant que vous sentirez votre puissance grandir peu à peu.
Le feu sacré
Parfois, les feux d’Edora s’allument quand votre influence devient forte sur une clairière. Dès que vous encerclez un foyer avec vos dés, vous en récoltez aussitôt les bonus. Mais attention : un feu ne brûle qu’une fois. Une fois activé, il est recouvert et ne pourra plus jamais être utilisé.
Certains rituels ou herbes peuvent amplifier ces effets… et c’est toujours une excellente nouvelle !
Fin de partie
Quand l’un d’entre vous place son dernier dé, la fin approche. On termine le tour en cours, puis vient le grand moment : le décompte.
Vos ressources restantes : nourriture, dés, rameaux de gui, valent encore quelques points. La position de votre serpe, vos tablettes objectif complétées et votre amulette sertie de gemmes rapportent également du prestige.
Enfin, les sanctuaires récompensent votre empreinte sur le territoire : plus vos dés et monuments y sont nombreux, plus vous marquez de points selon votre niveau de savoir.
Celui ou celle qui, à l’issue du décompte, détient le plus haut total devient le Druide suprême d’Edora, gardien de la forêt et des anciens secrets.
Mon avis :
Dès la première partie, j’ai senti qu’on tenait un jeu spécial qui me ferait un p’tit quelque chose. Pas spécial dans le sens “qui révolutionne tout ce que j’ai en matière de jeu”, loin de là, mais un de ceux qui te fait kiffer quand même, sans aller dans le « too much ».
Le thème est bien présent, mais il reste superficiel. Le plateau est peut-être un peu compliqué à lire pour les premières parties, mais honnêtement, après un tour de jeu, on comprend rapidement ce qu’est la forêt profonde et ses clairières !
Les actions sont simples à comprendre, mais leurs enchaînements demandent une vraie réflexion et analyse.
On a envie de tout faire, de tout optimiser, mais il faut accepter de laisser certaines choses de côté. Vous devrez faire énormément de choix : c’est tendu, les actions sont toutes intéressantes, et j’ai vraiment aimé ça dans le jeu. C’est très jouissif de toujours avoir quelque chose à faire, même si ce n’est pas toujours super optimisé, ça change des jeux trop rigides.
Ce que j’aime particulièrement, et ce qui m’a donné envie de sortir le jeu plus souvent, c’est sa fluidité. Les tours s’enchaînent naturellement, sans temps mort ; on ne voit pas le temps passer.
Les dés colorés posés sur le plateau rendent super bien : on voit peu à peu la forêt se remplir, les menhirs s’élever, les stèles illuminer le plateau. Le matériel est de très bonne qualité, les illustrations sont …. présentes(?), et même si la direction artistique tire beaucoup vers le vert, cela finit par s’accorder parfaitement avec l’ambiance générale. Moi ça me va, car l’esthétique d’un jeu, même si j’adore avoir un très beau jeu, ce n’est pas ce qui me fera l’aimer ou non. Mais c’est sûr que si vous êtes sensibles à ça, vous n’allez pas forcément apprécier Edora à sa juste valeur.
En revanche, la couv’ est magnifique; c’est très en opposition avec ce que l’on trouve à l’intérieur de la boîte, et c’est bien dommage !
Côté sensations, c’est un vrai plaisir de voir sa stratégie prendre forme au fil de la partie. Les herbes médicinales apportent une belle variété : elles offrent des effets qui changent ta manière de jouer, rendant chaque partie différente. On sent une montée en puissance progressive, sans jamais être submergé par la complexité.
La rejouabilité semble énorme. À chaque nouvelle partie, on a envie d’explorer un autre chemin : se concentrer sur les potions, la connaissance ou les menhirs. Aucune voie n’est meilleure qu’une autre, et c’est ce que j’aime beaucoup dans le jeu. On découvre, on teste, on ajuste, et on a toujours envie d’y revenir.
Tout n’est pas parfait pour autant. L’iconographie demande un petit temps d’adaptation, certains symboles ne sont pas toujours évidents au premier coup d’œil. Et ce fameux vert sur vert manque parfois un peu de contraste. Mais une fois la partie lancée, ces détails s’effacent rapidement pour laisser place à l’expérience de jeu, fluide et agréable.
Un autre point qui ne plaira pas à tous, je pense, ce sont justement ces actions qui popent de partout et qui apportent toutes quelque chose. Certaines personnes aiment trouver LA stratégie gagnante et n’aiment pas trop voir que le jeu n’est pas là pour vous nuire. Car c’est le cas : Edora n’est jamais punitif. Il récompense énormément les bons moovs, la planification et la cohérence dans tes actions, mais ne punit jamais les actions moyennes.
C’est un jeu qu’on appréciera autant pour son rythme tranquille que pour sa profondeur stratégique. On termine la partie avec l’envie d’en relancer une, juste pour essayer une autre approche, une autre combinaison, un autre itinéraire.
En somme, une très belle surprise. Un jeu intelligent, élégant et immersif, qui trouve un équilibre presque parfait entre accessibilité et exigence. Pas un titre bruyant, mais un jeu qui s’impose avec douceur, je pense !